Les maladies de l'œil

La cataracte

Baisse de la vue, brouillard, éblouissement à la lumière vive… autant de symptômes qui annoncent l’apparition d’une cataracte, fréquente avec l’âge. Et si cette maladie nécessite une intervention chirurgicale,  certaines habitudes simples permettent toutefois de la prévenir… le plus longtemps possible !

La cataracte c'est quoi?
Menace sur le cristallin ! C’est le plus souvent après 65 ans que la menace se précise. Soumis aux agressions du temps – et du soleil en particulier – le cristallin s’opacifie progressivement  et la pupille prend alors un aspect blanchâtre caractéristique : cette opacité partielle ou totale du cristallin est plus connue sous le nom de cataracte.

Le traitement
Si l’ajustement des lunettes permet une amélioration du confort visuel, seule une intervention chirurgicale permet néanmoins de traiter la cataracte. Après examen ophtalmique, l’opération consiste à retirer le cristallin opaque pour le remplacer par un implant. Efficace et indolore, cette intervention est faite sous anesthésie locale et de plus en plus souvent en chirurgie ambulatoire : ainsi, dans plus  de 90% des cas, on note une récupération fonctionnelle excellente dès le lendemain de l’opération !

On se protège
Il n’est jamais trop tôt pour protéger ses yeux ! Pour prévenir la cataracte, les bonnes habitudes  doivent se prendre tôt : manger des fruits et des légumes, ne pas fumer, porter des lunettes solaires dès les premiers rayons de soleil … il n’est jamais trop tôt pour commencer à prendre soin de soi !

Quelques chiffres
En France, la cataracte touche 1 personne sur 10 avant 65 ans, 1 personne sur 5 à partir de 65 ans,  et plus de 60 % de la population à partir de 85 ans. Plus de 560000 interventions chirurgicales ont été réalisées en 2006.
 

La DMLA

Si vous avez l’impression que les lignes droites ondulent ou se déforment, c’est le signe le plus évocateur d’un début de DMLA !

La DMLA c'est quoi?
La DMLA ou Dégénérescence Maculaire Liée à l’Age : derrière ces 4 lettres se cache une maladie assez handicapante, provoquée par un vieillissement trop rapide du macula, le centre de notre rétine. Or, cette petite zone transmet 90% des informations visuelles à notre cerveau. Cette dégradation progressive de la vision centrale complique les gestes du quotidien : lire, écrire, faire ses courses, et même reconnaître les visages… Conséquence, l’autonomie des malades devient délicate.  Il n'y a pas de traitement actuellement connu. La fréquence de la DMLA augmente avec l’âge, mais la maladie peut survenir assez tôt : 10 à 12% des personnes de 55 à 65 ans sont ainsi touchées ! Et la maladie affecte 30% des plus de 80 ans.

Pour prévenir la DMLA
Contrairement à ce que son nom indique, la DMLA nous concerne tous, jeunes et moins jeunes. En effet, on peut prévenir cette maladie par une bonne hygiène de vie et un dépistage précoce… Au programme, des réflexes simples comme une alimentation équilibrée. Au menu : légumes et fruits sources de  vitamines C et E, et poisson, riche en Oméga 3. Du poisson 2 fois par semaine, c’est 2 fois moins de risque de développer la maladie ! Bien manger et aussi bouger, ne pas fumer : des règles simples à appliquer pour que nos yeux vieillissent mieux ! Sans oublier le dépistage précoce, capital pour lutter contre la maladie. 
Conclusion : dépistage ou suivi, après 50 ans, consulter son ophtalmologue régulièrement, c’est l’arme anti-DMLA !

Quelques chiffres
1 million de Français sont atteints de DMLA. 
C’est à partir de 50 ans que la fréquence de la maladie augmente. 
La DMLA est la 1ère cause de perte d’acuité chez les plus de 50 ans. 
Avec le vieillissement de la population, le nombre de malades sera multiplié par 2 d’ici 20 ans !
 

Le glaucome

Vous ne ressentez aucune douleur, vous n'avez aucun trouble visuel... Et pourtant vous pouvez être atteint d'un glaucome. Seul un examen auprès d'un ophtalmologiste permet de détecter une forme débutante de cette maladie et d'agir quand il est encore temps !

Le glaucome c'est quoi?
Cette maladie grave de la vision, qui s’accompagne en général d’une pression oculaire trop élevée, entraîne une destruction lente du nerf optique, pouvant aboutir à la perte totale de la vue. Elle progresse pendant des années sans douleur et sans symptômes apparents, avant de se déclarer. Les causes premières du glaucome demeurent souvent inconnues, mais un certain nombre de facteurs de risques ont été déterminés : l'âge, l'hérédité, la myopie sévère, des antécédents traumatiques oculaires, une hypertension artérielle. A partir de la quarantaine, le glaucome devrait être systématiquement dépisté.

Quel traitement?
Il n'existe pas de traitement standard : chaque personne est un cas particulier, le traitement est donc personnalisé. Les collyres sont les médicaments les plus prescrits. Leur emploi est souvent efficace mais l'administration locale de gouttes doit être quotidienne et souvent à vie. En cas d'échec, une opération chirurgicale doit être entreprise. Il s’agit d’une opération tout à fait bénigne. 
Enfin sachez que, contrairement aux idées reçues, le glaucome n'est pas amélioré par un régime alimentaire spécifique, et que lire ou regarder un ordinateur ne l'aggrave pas !

Le daltonisme

Quand les couleurs nous jouent des tours... Des épinards noirs, des fraises jaunes, des bananes rouges… drôle de monde, non ? C’est celui que voit une personne atteinte de daltonisme !

Le daltonisme c'est quoi?
Le daltonisme est un trouble de la perception des couleurs, le rouge et le vert le plus souvent, mais pas uniquement. Eh oui, le daltonisme est une anomalie génétique, et en matière de gènes, les choses sont rarement simples. Pour comprendre, il faut savoir que notre œil perçoit les couleurs grâce aux pigments présents dans nos cônes rétiniens : il y a 3 types de pigments, chacun spécialisé dans la vision d’une couleur : rouge, vert ou bleu. Le “mélange” des 3 nous permet de recomposer plus de 1500 couleurs.

Sans le savoir, la plupart des gens sont “trichromates” : ils disposent des 3 pigments nécessaires à une vision complète. Le daltonien ne dispose pas de ces 3 canaux ; Quand l’un des canaux est absent  (le plus souvent le vert et le rouge), le daltonien est appelé “dichromate”. Lorsque l’un des canaux est présent mais déficient, le daltonien est alors appelé “trichromate anormal”. Bien évidement, plus l’anomalie  est importante et plus la gêne sera grande pour le porteur : Chez le trichromate anormal, par exemple,  les erreurs ont peu d’incidences sur la vie quotidienne. Chez le dichromate, par contre, le handicap est sérieux : toutes les professions ou la couleur joue un rôle lui sont interdites (armée, aviation civile, marine marchande,  transports en commun, police, pompiers etc…)

Daltonien de père en fils
Chez les daltoniens, le gène de ces pigments est défectueux ou absent. Un rapide aperçu génétique permet de comprendre pourquoi le daltonisme touche surtout les hommes : ce gène de la couleur se trouve sur le chromosome X. Les hommes (XY) n’ayant qu’un chromosome X, ils sont automatiquement daltoniens si celui-ci est défectueux. Avec leurs deux chromosomes XX, les femmes sont plus chanceuses : elles peuvent transmettre le daltonisme, mais sont rarement touchées.

Quelques chiffres
L’égalité des sexes n’est pas de mise en matière de daltonisme : ce trouble touche 8% des hommes français et… 0,5% seulement des Françaises !

La conjonctivite

Ça pique, ça pleure, ça gratte… La conjonctivite vous guette ! Fréquente au printemps, à cause du pollen, cette inflammation de l’œil peut aussi être provoquée par d’autres facteurs. Symptômes, causes et traitement : on se dit tout sur les yeux rouges !

La conjonctivite c'est quoi?
Les yeux en feu ! La conjonctivite est une inflammation de la “ conjonctive ”, cette fine membrane qui tapisse l’œil et l’intérieur des paupières. Chargée de protéger l’œil, elle est donc en première ligne en cas d’agressions extérieures !

Les symptômes
Les yeux rouges,  larmoyants, une sensation de brûlure, de  picotements, et l’impression d’avoir des grains de sable dans les yeux… Si les symptômes sont les mêmes, on distingue plusieurs conjonctivites : allergiques, chimiques, bactériennes ou virales.  Allergie annoncée… Les conjonctivites allergiques sont souvent  saisonnières : c’est le célèbre rhume des foins, qui touche 20% de la population mondiale au printemps, à cause des pollens et autres  herbacées. Mais certaines allergies peuvent  frapper toute l’année, et sont provoquées  par les acariens, les poils d’animaux, les moisissures… Les citadins sont les premières victimes de ces conjonctivites dites “ perannuelles ”.

Le traitement
C’est bien sûr d’éviter l’exposition aux allergisants : on évite les balades dans les champs au printemps ! Si les crises sont légères, des compresses froides apaisent l’œil. Pour les cas sévères, il faut consulter un médecin qui prescrira des collyres antihistaminiques ou à la cortisone.
 

L'ophtalmie des neiges

Rester couché dans le noir au lieu de dévaler les pistes enneigées... ça peut vous arriver !

L'ophtalmie des neiges c'est quoi?
Ce n’est pas un mythe, c’est une infection oculaire qui fait mal ! Sur la neige, la réverbération est tellement forte que la cornée risque de s’abîmer en absorbant les rayons ultra-violets émis par le soleil. Si elle n’est pas suffisamment protégée, des lésions oculaires apparaissent quelques heures après l’exposition. Résultat : impossibilité d’ouvrir les yeux en présence de lumière, sensation désagréable d’avoir toujours quelque chose dans l’œil. Pour l’éviter, enfant ou adulte, un impératif sur les pistes : porter de bonnes lunettes de soleil... même par temps nuageux !

Le traitement
Il est simple : repos obligatoire dans le noir avec collyre et pommade sur prescription médicale. L’infection se guérit généralement 48 heures plus tard, sans conséquence pour les yeux… mais en ayant bien gâché les vacances ! Alors pour le ski, on s’équipe en passant chez son opticien !
 

La rétinopathie

Diabète ou hypertension : menaces sur la rétine !

La rétinopathie c'est quoi?
La rétinopathie désigne les affections de la rétine, la fine membrane nerveuse qui tapisse le fond de notre œil.

Différentes formes de rétinopathies
La principale forme de rétinopathie est la rétinopathie diabétique, survenant dans le cadre d’un diabète et liée une quantité excessive de sucre ou de glucose dans le sang, qui affaiblit les vaisseaux sanguins de la rétine. Ces vaisseaux se détériorent, formant un œdème. La conséquence est une perte de vision sur une partie plus ou moins grande du champ visuel sous forme de taches sombres. La maladie évolue et la vision baisse significativement lorsque la partie centrale de la rétine, la macula, est atteinte.

Il existe d’autres formes de rétinopathie. La rétinopathie hypertensive, plus rare, peut survenir dans le cadre d’une tension artérielle trop élevée, qui provoque un rétrécissement des artères. Les conséquences peuvent aller jusqu’à la diplopie, c’est-à-dire la vision double, ou la perte d’un œil ou des deux.

Enfin, la rétinite pigmentaire est une maladie génétique dont les premiers symptômes apparaissent entre 10 et 30 ans. C’est une dégénérescence de la rétine qui mène à la perte progressive de la vision périphérique jusqu’à la cécité complète.

Le traitement
Plusieurs traitements sont possibles. Pour certains stades, le traitement se fait à l’aide de lasers, qui vont brûler et ainsi éliminer les vaisseaux abîmés sur la rétine. Dans d’autres cas, l’opticien préconisera des aides visuelles spécifiques avec des systèmes grossissants pour améliorer votre confort visuel. Parfois il faudra une intervention chirurgicale.

La prévention
Le maintien du taux de sucre chez les diabétiques et la surveillance de la tension artérielle chez les personnes souffrant d’hypertension permettent de prévenir la maladie. Sans oublier un régime alimentaire équilibré, de l’exercice, l’arrêt du tabac... et un examen régulier de vos yeux !

Quelques chiffres
La rétinopathie est la première cause de cécité des moins de 60 ans en France. 
30 à 40% des diabétiques sont touchés par la rétinopathie diabétique. 
La rétinopathie pigmentaire touche environ 35 000 personnes en France. 
On estime à pratiquement un million de personnes touchées en France par la rétinopathie diabétique ou hypertensive.